Le théologien Hans Küng reproche au Pape

ses connaissances insuffisantes sur l'Islam.



Le théologien Hans Küng considère que le Pape est
blâmable en raison de son
manque de connaissances sur l'Islam. Il est certain que, dans son discours
compris comme une critique de l'Islam, l'intention de Benoît XVI n'était
pas de lancer une provocation, a déclaré Küng ce vendredi dans une interview
accordée à l'agence d'informations ddp à Tübingen. Mais en raison de son
information insuffisante sur le Coran et sur l'Islam, c'est un malentendu
évitable qui a échappé à son contrôle. De l'avis de Hans Küng,  on voit ici
manifestement les limites de Ratzinger comme théologien, lui qui ne s'est
pas confronté suffisamment avec d'autres religions. Hans Küng souligna que
les reproches d'associations islamiques à l'encontre du discours du Pape
sont « parfaitement justifiées ».C'est, selon lui, « pure folie que de
prendre un document historique datant de l'époque byzantine pour illustrer
comment il faut comprendre l'Islam ». Il espère que Benoît XVI « ne souscrit
pas à ce jugement superficiel sur l'Islam », déclara Küng, qui est également
le Président de la Fondation « Ethique planétaire ». Dans une conférence
qu'il avait donnée mardi à l'Université de Ratisbonne, le Pape avait cité un
dialogue historique entre Manuel II Paléontologue, empereur de Byzance, et
un savant persan de la fin du XIVème siècle. L'empereur avait alors critiqué
la propagation de la foi par la violence comme une absurdité et reproché au
Prophète Mahomet de n'avoir apporté au monde que calamités et conduites
inhumaines. Hans Küng conseilla en même temps la modération dans le débat
enflammé qui avait éclaté. Les rapports entre le christianisme et l'Islam ne
sauraient, selon lui, être réduits au sujet concernant la mise en oeuvre de
la violence. Dans l'histoire de chacune des trois religions monothéistes, y
compris celle du judaïsme, il y a eu « à côté du sang répandu et des larmes
versées, beaucoup d'aspects positifs ». Il faut toutefois, a-t-il dit, que
l'Occident chrétien soit, lorsqu'il aborde l'Islam, toujours bien conscient
que l'ère de la colonisation et de l'oppression du monde musulman au XIXème
siècle, joue un grand rôle dans la conscience des Musulmans « du Maroc à
l'Indonésie ». Les guerres actuelles en Afghanistan, en Irak, en Palestine
et au Liban présentent une image de l'Occident qui est celle d'un agresseur,
a déclaré Küng.



(traduit de l'allemand par Jean Courtois, Lyon).